Association de Recherche Pédagogique

4 chemin de Tabarka

34340 MARSEILLAN

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CONTRIBUTION À LA RÉUSSITE ÉDUCATIVE (Février 2014)

adressée au Ministère de l'Education Nationale

" PRÉVENIR L'ÉCHEC SCOLAIRE ? C'EST POSSIBLE ! "

 

Le véritable progrès démocratique n'est pas d'abaisser l'élite au niveau de la foule, mais d'élever la foule au niveau de l'élite.

Gustave LE BON

 

1.Introduction

1.1 - L'échec scolaire

On ne peut qu'être révolté par la situation d'échec scolaire dans laquelle se trouvent de (trop) nombreux adolescents français, tout simplement parce qu'ils ne maîtrisent pas la lecture et, partant, l'écriture et le calcul.

Les enseignants de CM1 et/ou CM2, ceux de 6ème, se plaignent car ils reçoivent dans leur classe des élèves qui ne sont pas au niveau requis, en raison notamment de leur carence en lecture.

Des enseignants de collège ont, dans leur classe de 3ème - comme nous avons pu nous-mêmes le constater - une proportion d'élèves qui sont, à des degrés divers, victimes de l'illettrisme. Cette carence entraîne également l'échec en mathématiques car nombreux sont les élèves qui n'arrivent pas à résoudre un problème de leur niveau tout simplement parce qu'ils ne comprennent pas l'énoncé qui leur est soumis.

Dans un rapport intitulé "La réussite à l'école" rédigé en 1989 à la demande de M. Lionel JOSPIN, alors Ministre de l'Education Nationale, Monsieur Michel MIGEON, Recteur d'Académie, soulignait fort justement que : "la compréhension de l'énoncé d'un problème est une condition préalable à la résolution de ce problème".

De leur côté les parents s'inquiètent, à juste titre, parce que leur enfant, à 8 ans, à 11 ans, à 15 ans même, ne sait pas encore lire correctement.

Cette insuffisance est sans conteste une des causes principales de l'échec scolaire. On sait en effet qu'un enfant qui double le CP - en raison notamment de ses difficultés en lecture - n'a plus que 4 chances sur 10 de poursuivre une scolarité sans problème. Dans de nombreux cas, à la fin de sa 2ème année de CP, ses progrès en lecture ne sont guère probants et il est, dès lors, en situation d'échec grave.

Dans le même rapport cité plus haut le Recteur MIGEON rappelait d'ailleurs qu' "il a été vérifié que les enfants qui réussissent bien au CP sont ceux qui y terminent leur apprentissage de la lecture ..."


1.2 - L'illettrisme perdure

Bien que les statistiques diffèrent le constat reste accablant : trop d'adolescents quittent le système éducatif - après au minimum 10 années d'instruction obligatoire - sans maîtriser la lecture (et par voie de conséquence l'écriture et les mathématiques) ce qui en fait inévitablement des exclus de notre société (dite) moderne.

Une étude révèle qu'en France environ 40% de jeunes adultes ne comprennent pas le sens d'un texte simple. Comment alors rester indifférents devant la détresse de ces adolescents incapables de s'orienter dans une grande ville, de déchiffrer un imprimé, de rédiger un CV, ou tout simplement de compléter un formulaire ou remplir une feuille de sécurité sociale ?

Comment, en ce début du XXI° siècle, peut-on encore tolérer cela dans un pays civilisé comme le nôtre ?

Au fil des années différentes mesures ont pourtant été envisagées ou appliquées pour tenter de faire face à cette situation (nième réforme des méthodes d'enseignement de la lecture, cours de soutien ou de rattrapage, RASED, etc...), hélas sans grand succès jusqu'à maintenant. Car force est de constater que, malgré les quelques progrès réalisés, l'illettrisme perdure et l'amélioration reste aléatoire.

La seule question à se poser, face à ce véritable fléau, est : comment en sommes-nous parvenus à cette situation catastrophique ?


2 . Historique

2.1 - Avant la 2e guerre mondiale, et jusqu'aux années 1960, le programme des écoles maternelles prévoyait l'apprentissage systématique de la lecture en Grande Section, dès le début de l'année scolaire (le 1er octobre à ce moment-là) suivant une méthode analytique, dite aussi alphabétique (méthode Boscher).

Les élèves intégraient ensuite le CP en possédant de bonnes bases, ce qui leur permettait alors :

- d'y " terminer " l'apprentissage de la lecture, selon l'expression du Recteur Migeon,

- d'y débuter, dans les meilleures conditions, l'apprentissage de l'écriture cursive.

2.2 - Quelques année après, vers 1970, les programmes des écoles maternelles et de l'école élémentaire furent profondément modifiés :

- dans les écoles maternelles suppression de tout apprentissage systématique de la lecture en grande section Des consignes ont été délivrées par les échelons hiérarchiques intermédiaires de l'Education Nationale pour interdire formellement cet apprentissage.

- dans les écoles élémentaires, mise en place, dans les classes de CP, d'une méthode d'apprentissage de la lecture dite " globale " consistant à faire mémoriser aux élèves de courtes phrases (sujet, verbe, complément). Très rapidement, les enseignants les plus expérimentés se rendirent compte des lacunes de cette démarche. En effet, ils testèrent leurs élèves en intervertissant par exemple, dans la phrase apprise, le sujet et le complément, et constatèrent alors que les enfants étaient perturbés car ils avaient " photographié " la phrase entière et ne la reconnaissaient plus après la modification.

C'est, à notre sens, indiscutablement la conjugaison de ces deux décisions qui provoqua les premiers dégâts en matière d'apprentissage de la lecture.

Et que l'on ne nous dise pas que la " méthode globale " n'a jamais été appliquée. Nous avons pu constater par nous-même qu'elle le fut, et l'introduction au CP d'une méthode dite " mixte " (à départ global ou non) n'arrangea pas les choses puisque le problème de l'illettrisme demeure encore très préoccupant aujourd'hui.

2.3 - Des recherches très intéressantes

Quand, en 1965, parut la première édition française du livre du Psychiatre américain Glenn DOMAN "J'apprends à lire à mon bébé", Retz, les réactions furent fort diverses et parfois même violentes.

Certains crièrent au scandale. D'autres, prenant l'auteur pour un plaisantin ou un farfelu, considérèrent l'ouvrage comme une facétie et n'en tinrent pas compte.

Mais une troisième catégorie de personnes - bien rares au début, il faut bien le dire - prirent l'ouvrage au sérieux, l'analysèrent avec attention, et certains même essayèrent la méthode.

Quelle ne fut pas leur surprise de constater que la "Méthode DOMAN" était efficace et qu'un tout jeune enfant (4 ans? 3 ans? avant même?) pouvait parfaitement apprendre à lire, comme il apprend à parler, sans traumatisme, avec facilité et plaisir, sans qu'il soit indispensable d'attendre l'âge fatidique de 6 ans, l'âge de la "grande école".

En fait les travaux de Glenn DOMAN et de son équipe pluridisciplinaire ne faisaient que confirmer les recherches de certains scientifiques, comme le Docteur Paul CHAUCHARD, éminent neurophysiologiste français, ancien Directeur de recherches à l'Ecole des Hautes Etudes de Paris, lequel, approfondissant les résultats des travaux de PAVLOV, a regroupé et expliqué clairement dans un ouvrage de vulgarisation scientifique publié en 1962 les résultats de 30 ans de recherches sur le développement et le fonctionnement du cerveau humain (Le cerveau et la conscience, Paul CHAUCHARD, Éditions du Seuil, 1962)

On est donc en droit de se demander pourquoi on a laissé ainsi dans l'ombre, inexploitées, ces découvertes scientifiques si précieuses pour la diffusion des connaissances ?

On sait, de plus, que l'idée de l'apprentissage précoce de la lecture n'est pas nouvelle. Dans le livre "Apprendre à lire avant de savoir parler", écrit en collaboration avec Rachel COHEN et publié en 1999, l'éminente linguiste suédoise Ragnhild SÖDERBERGH relate sa découverte en 1983, à la Bibliothèque Royale de Stockholm, d'un petit ouvrage imprimé en 1800 (sic) par un dénommé Cadmus, lequel proposait déjà d'utiliser des "cartes de lecture" pour enseigner la lecture à de tout jeunes enfants qui commençaient à peine à parler. L'auteur souligne par ailleurs les nombreuses similitudes entre les démarches respectives de Cadmus et de Doman. ( http://ialfi34.free.fr ).

Plus de 2 siècles n'ont donc pas suffi pour faire évoluer certains esprits rétrogrades ! Quel gâchis !

En France, quelques pédagogues s'inspirèrent de la méthode de Glenn DOMAN, en l'adaptant et en la perfectionnant, et en tirèrent un certain nombre d'enseignements.

Il en est ainsi, par exemple, de :

- Rachel COHEN, institutrice d'école maternelle dans un quartier populaire de Paris au cours des années 70, elle mit en application la théorie de l'apprentissage précoce de la lecture avec les enfants - dont beaucoup ne parlaient pas le français - qui lui étaient confiés.

Elle se rendit alors compte que ces enfants apprenaient à lire en même temps qu'ils apprenaient à parler notre langue. Intriguée par cette constatation elle poursuivit ses études en Sciences de l'éducation, où les professeurs lui serinaient à longueur de journée que :"Les enfants ne peuvent pas lire avant 6 ans car ils ne sont pas assez matures !", alors qu'elle s'était rendu compte sur le terrain que cette opinion est entièrement fausse. Devenue ensuite Docteur en Sciences d l'Education elle publia notamment :

- L'apprentissage précoce de la lecture, P.U.F,- 1977

- Plaidoyer pour les apprentissages précoces, P.U.F., 1982

- Jeanine COUGNENC, institutrice dans une école élémentaire du sud de la France, puis directrice d'école maternelle, s'est passionnée pour l'enseignement de la lecture et a mis au point progressivement, et appliqué avec succès, une pédagogie de la lecture originale et novatrice, préparant ainsi ses petits élèves à aborder dans les meilleures conditions le CP.

- Je veux apprendre à lire. Enseignez-moi. Un livret pour débuter avec des enfants de 3 ans environ. SRP. 2000

- J'ai envie d'apprendre à lire. Livret 1. Enfants de 4/5 ans environ. SRP. 2002

- J'ai envie d'apprendre à lire. Livret 2. Enfants de 5/6 ans environ. SRP. 2002

Site :
http://range.pagesperso-orange.fr/cougnenc.htm

 

- Hélène GILABERT, docteur en psychologie clinique, spécialiste de l'école maternelle, Inspectrice d'Académie-Inspectrice Pédagogique Régionale, a codirigé dans sa circonscription, de 1981 à 1985, avec Rachel COHEN, une expérience originale d'apprentissage de la lecture à l'école maternelle de la Montjoie, à la Plaine-Saint-Denis. Expérience concluante qui fit tomber le taux d'échec en lecture au cours préparatoire de 75 % à 20 %.

- Apprendre à lire en maternelle, ESF Editeur, 1992 et 2001

Pourquoi cette expérience n'eut-elle aucune suite ? On peut légitimement se poser la question !

 

- Françoise BOULANGER, experte reconnue internationalement en psycholinguistique, a également exploré cette voie avec succès il y a plus de 30 ans. Tirant un certain nombre d'enseignements de ses recherches et expériences personnelles elle a publié de nombreux ouvrages de " pédagogie de la lecture chez le tout jeune enfant " qui font autorité :

- 1992 : Lire à 3 ans, Accompagner son enfant dans la découverte de la lecture, Nathan

- 2002 : 11ème réédition sous le titre : Le bonheur d'apprendre à lire, Nathan

- 2008 : 12ème réédition sous le titre : Lire à 3 ans, c'est tout naturel, Nathan

- 2009 : Entrer dans l'écrit en maternelle - Nathan - Fichier Ressources [Document de travail pédagogique à l'intention des enseignants(tes) d'écoles maternelles].

- 2010 : À la découverte de la lecture - Premiers apprentissages : pratiques et théories - Sciences humaines

Site : (
http://www.lebonheurdelire.org )

Rappelons simplement qu'il s'agit dans tous les cas de praticiennes de terrain, qui ont expérimenté et mis en pratique les résultats de leurs recherches et de leurs constatations, et non de théoriciens fumeux, "chercheurs en laboratoire" simplement capables d'énoncer péremptoirement "leur vérité", pourtant constamment infirmée par la réalité.

 

3 - L'apprentissage précoce, une erreur ?

La théorie selon laquelle l'enfant de moins de 5 ans ne possède pas la maturité d'esprit nécessaire pour apprendre à lire ne résiste pas à l'analyse. En réalité le jeune enfant peut apprendre à lire comme il apprend à parler : tout naturellement, par une interaction continue avec son environnement.

En effet quel parent digne de ce nom pourrait accepter de ne pas parler à son nouveau-né sous le prétexte que son défaut de maturité ne lui permet pas de comprendre les mots qu'il entend ?

Sauf dans le cas dramatique de la surdité, le tout jeune enfant est donc, dès sa naissance, entouré de langage oral, paroles qui lui sont pourtant totalement inconnues. Puis, un beau jour, par on ne sait quelle alchimie mystérieuse, il prononce enfin son premier mot (la plupart du temps "papa", ou "maman") maladroitement d'abord, puis de plus en plus clairement, à la plus grande joie de son entourage familial.

Et les adversaires des apprentissages précoces ne s'offusquent pas de cette situation ? C'est donc qu'elle leur paraît naturelle et nécessaire, et qu'ils admettent qu'elle ne traumatise pas les enfants.

Pourquoi refusent-ils alors de considérer qu'il en est de même pour la plupart des autres apprentissages essentiels, comme la lecture par exemple et, à un moindre degré, l'écriture et le calcul ? Pourquoi certains intellectuels, imbus de leur savoir, s'obstinent-ils à considérer qu'apprendre à lire à un enfant de moins de 6 ans serait une erreur ? Leur entêtement à dénigrer les recherches passées, à refuser d'accepter la réalité, en devient même suspect.

Appliquent-ils à leur propre progéniture la prudence qu'ils préconisent pour les autres ? On peut en douter lorsque les statistiques démontrent que les Universités et les Grandes Ecoles comportent une forte proportion d'enfants issus de milieux intellectuellement favorisés. Ceci n'expliquerait-il pas cela, et une certaine élite intellectuelle n'aurait-elle pas intérêt à laisser perdurer cette situation ?

4 - Une chance pour tous ?

Toutes les recherches scientifiques, récentes ou plus anciennes, entreprises sur le développement et le fonctionnement du cerveau humain, aboutissent à la même conclusion : la période optimale pour certains apprentissages fondamentaux (et la lecture en fait partie, tout comme la parole, la marche et, sans doute à un moindre degré, l'écriture et le calcul) se situe entre la naissance et 6/7 ans environ.

C'est pendant ces quelques années cruciales que se mettent en place les habiletés mentales spécifiques à l'être humain. Toutes les stimulations verbales concourent alors à la stabilisation des connexions (appelées synapses) entre les neurones situés dans le néocortex cérébral. Plus l'enfant bénéficie de ces stimulations et plus se développe en lui le "processus de compréhension" que l'on appelle plus communément intelligence.

Aussi, puisque les multiples réformes mises en place jusqu'à maintenant, pour soi-disant lutter contre l'illettrisme, n'ont pas eu les résultats escomptés, pourquoi ne pas explorer cette voie d'une plus grande précocité dans l'apprentissage de la lecture?

Pourquoi rejeter a priori ce qui pourrait être l'une des solutions pour permettre au plus grand nombre - et surtout bien entendu aux enfants qui n'ont pas la chance de naître dans un milieu intellectuellement favorisé - d'accéder au savoir et à la culture ?


5 - L'apprentissage précoce de la lecture : une erreur, ou une chance ?

Depuis de nombreuses années, parmi les multiples mesures étudiées ou mises en application pour tenter de lutter contre l'illettrisme, il est une voie qui n'a été que peu explorée : l'apprentissage précoce de la lecture.

Deux théories s'affrontent en effet en ce qui concerne l'âge à partir duquel peut débuter cet apprentissage :

- Il y a ceux qui pensent qu'avant l'âge de 6/7 ans l'enfant ne possède pas la maturité d'esprit nécessaire. Certains psychologues affirment encore aujourd'hui que "pour apprendre à lire l'enfant doit avoir un âge mental d'au moins 6 ans". (sic).

- D'autres, dans le sillage du Docteur Glenn DOMAN , plaident en faveur d'un apprentissage plus précoce car - disent-ils - "la capacité intellectuelle d'un jeune individu est immense, et les premières années de la vie, qui vont de la naissance à 6 ans environ, sont cruciales pour l'acquisition des habiletés mentales, et en particulier des habiletés cognitives nécessaires à tout apprentissage".

Or, chaque fois que l'on évoque le problème de l'illettrisme, il n'est question que de "rattrapage" ou de "soutien scolaire". Et dans les multiples débats, colloques, ou rapports, concernant ce véritable fléau, extrêmement rares sont les intervenants qui évoquent clairement la nécessaire anticipation de l'apprentissage de la lecture.

De plus, dans la plupart des cas, les mesures de rattrapage ou de soutien ne sont appliquées, en tous cas en France, qu'à l'école élémentaire (à partir du Cours Préparatoire) ou, ce qui est plus grave, qu'au niveau du collège, c'est-à-dire lorsqu'il est déjà largement trop tard !

Certes, il est toujours souhaitable de tenter de réparer les dégâts, et ceux qui se consacrent à cette noble tâche ont beaucoup de mérite, mais ne vaudrait-il pas mieux essayer de prévenir plutôt que s'efforcer péniblement de guérir ?


6 - Un scepticisme regrettable

Depuis une trentaine d'années au moins on sait donc qu'il est possible de débuter l'apprentissage de la lecture avant le CP.

Pourtant, un petit nombre d'universitaires très médiatisés s'emploie à dénigrer systématiquement cette démarche :

- L'un d'entre eux considère par exemple que seul le langage oral a droit de cité à l'école maternelle, et exclut farouchement tout accès à l'écrit avant le CP;

- Un autre estime qu'apprendre à lire à un enfant avant le CP c'est " lui voler son enfance " (sic).

Et que penser également de cette orthophoniste qui suggérait ironiquement de faire débuter l'apprentissage de la lecture dès le 3ème mois de la grossesse ?
Ou bien de cette psychologue qui, dans un article publié en 2004 dans la revue " TOP Famille ", affirmait que la mémorisation de mots par un petit enfant " s'apparente à du dressage " (sic) , confortée dans le même article par un chercheur de l'Institut National de la Recherche Pédagogique. Un comble ! Ces critiques laissent pantois !

A l'heure où l'école publique doit impérativement lutter contre l'échec scolaire qui frappe les plus fragiles il est indispensable de passer outre cette frilosité.


7 - Conclusion

Si l'on veut réellement prévenir l'illettrisme (prévenir pour ne pas avoir, plus tard, à tenter péniblement, et coûteusement, de corriger ce véritable handicap) et lutter, enfin, plus efficacement contre l'échec scolaire, il faut véritablement innover et débuter systématiquement l'apprentissage de la lecture à l'école maternelle dès l'âge de 3 ans environ (en PS par exemple), mais il faut pour cela modifier profondément les programmes actuels des écoles maternelles, absolument inadaptés à une véritable refondation de l'apprentissage de la lecture, clé du succès.

La France a la chance de posséder des écoles maternelles publiques qui permettent une bonne socialisation des tout jeunes enfants. Il serait criminel de pas utiliser pleinement ces structures pour assurer la réussite scolaire d'un maximum d'élèves.

Pour les enfants de milieux défavorisés ces écoles peuvent, et doivent, assurer le relais des parents. C'est ainsi que sera rétablie une véritable égalité des chances.

L'acquisition du langage oral, bien qu'importante, ne suffit pas. L'accès à l'écrit est également nécessaire bien avant le C.P. La recherche pédagogique récente le prouve.

 La détresse de milliers d'enfants, dont la plupart sont issus de milieux défavorisés, ne mérite-t-elle pas que l'on y réfléchisse sérieusement ?

 

Souvenons-nous de la morale de la fable : " Rien ne sert de courir. Il faut partir à point "

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